1968-HUIT SEMAINES SUR LE FIL DU RASOIR.

LES PREMICES.
19 janvier, CAEN: L’usine saviem de Blainville-sur-Orne, se met en grève pour une augmentation de salaire. C’est pourtant une des usines implantées en zone rurale, qui recrute de jeunes paysans étrangers à la culture de lutte des ouvriers parisiens.
26 janvier, CAEN: 7000 personnes manifestent contre la répression, grève totale dans les grandes usines de l’agglomération. Affrontement jusqu’à 5 heures du matin: 36 blessés, 86 arrestations, dont 2 peines de prison ferme.
22 mars, NANTERRE: A la fac, meeting de soutien aux personnes arrêtées le 20 mars pour une action contre la guerre du Vietnam à Paris. la présidence de la fac est occupée et le « mouvement du 22 mars est constitué ».
1er mai, PARIS: Défilé CGT-PCF-PSU. Les groupes d’extrêmes gauche, dont l’ORA, tentent de participer à la manif malgré le service d’ordre cégétiste.

L’EXPLOSION ETUDIANTE.
2 mai, NANTERRE: Branle-bas de combat à la fac ou les fascistes du groupe Occident ont promis de faire une incursion, après avoir incendié les locaux de l’Unef à la Sorbonne. Ils ne viennent finalement pas, mais la direction ferme administrativement l’université et 2000 policiers encerclent le campus. Huit étudiants Nanterrois sont déférés devant le conseil de discipline.
3 mai, PARIS: Meeting de soutiens aux Nanterrois dans la cour de la sorbonne. Alors qu’une attaque d’Occident menace, les révolutionnaires (JCR marxiste révolutionnaire, UJCML maoiste, ORA anarchiste) organisent la défence de la sorbonne. Le recteur fait évacuer la fac par la police. Premières interpellations, premières manifestations, premiers gaz lacrymogène, premiers jets de pavés. En tout, 596 interpellations. Le soir, alors que la plupart des révolutionnaires sont en garde à vue, le Quartier Latin est transformé en champ de bataille.
4 mai: Appel à la grève illimitée de l’Unef et du SNE-Sup. Suspension des cours à la Sorbonne.
6 mai: Grèves et manifestations contre la repression dans de nonbreuses universités. A Paris, affrontements violents avec la police, plus de 400 arrestations.
7 mai: 60 000 personnes manifestent dans 10 villes universitaires, dont 40 000 à Paris. Affrontement à Montparnasse: 434 arrestations, premières émeutes à Toulouse.
9 mai: Le mouvement s’étend en province, notamment à Rennes, Nantes, Strasbourg, Toulouse. A Lyon et à Dijon des ouvriers se joignent aux manifestations étudiantes.
10 mai, Paris: « Nuit des barricades » au Quartier Latin,
19h30, près de la prison de la Santé, un cortège de plus de 10 000 personnes réclame la libération des étudiants incarcérés,
20h00, le cortège, qui a grossi à 20 000, gagne le Bd Saint-Germain. 20h40,
Alain Geismar (SNE-Sup) et Jacques Sauvageot (Unef) lancent le mot d’ordre d’occupation du Quartier Latin,
21h15, première barricade rue le Golf: quelques voitures, des panneaux d’affichage, des grilles d’arbres, des pavés. D’autres barricades s’élèvent sur ce modèles. La police reste l’arme au pied.
22h05, le rectorat reçoit une délégation pour négocier la libération des incarcérés. Pendant ce temps les barricades se multiplient et les CRS reçoivent des renforts.
1h45,quand les négociations s’achèvent sur un échec, le Quartier Latin compte une soixantaine de barricades.
2h15, 500 CRS, tout en restant à distance, bombardent les manifestantes et manifestants de grenades lacrymogènes. Les Insurgés qui chantent « L’Internationale » ou la « Marseillaise », répliquent par des jets de projectiles divers. Rue Gay-Lussac l’air devient irrespirable.
2h40, la première barricade tombe Bd Saint-Michel. Pour retarder les CRS, les Insurgés incendient les barricades et les automobiles. La police utilise désormais des grenades offensives. Nombreux blessés de part et d’autre. Des centres de secours sont installés dans les zone encore à l’abri.
3h00, La police enlève les barricades les unes après les autres malgré une très forte résistance. Les combats les plus acharnés se déroulent rue Gay-Lussac, Royer-Collard, d’Ulm et Saint-Jacques. Des fenêtres, habitants et habitantes jettent de l’eau sur les Insurgés pour les protéger des gaz lacrymo. Les policiers tirent des grenades à l’intérieur des appartements.
4h00, rue Thouin, les CRS recoivent des cocktails Molotov jetés depuis les toits? Les derniers combattants se réfugient à l’ENS, rue d’Ulm.
5h30, Les dernières poches de résistance, quartier Mouffetard, sont « néttoyées ».
11 mai: Vu la tournure des événements, les centales syndicales CGT, CFDT, FO et la Fédération de l’éducation nationale (FEN) doivent appeler à une journée de grève nationale. Occupation de la fac de Censier. La fac de Strasbourg se déclare autonome.

LA CLASSE OUVRIERE ENTRE EN SCENE.
13 mai: La grève nationale est peu suivie, sauf dans le Sud-Ouest, l’Ouest, et les Alpes. La CGT et le PCF parviennent parfois à rejeter des manifestations, les étudiants, traités de provocateurs comme à Lille ou à Forbach. Apparition et multiplication des comités d’action.
14 mai: L’étincelle vient de Claas, à Woippy (Moselle), et de Sud-Aviation, à Bouguenais (Loire-Atlantique), qui sont les premières usines à partir en grève illimitée avec occupation. Bientôt les grèves vont se répendre comme une traînée de poudre, en-dehors de toute consigne syndicale confédérale.
16 mai: Le mouvement de grève et d’occupation s’étend et touche la SNCF, la RATP, Air France, la télévision, Renault Flins, puis la très enblématique usine Renault de Billancourt.
17 mai, PARIS: Marche du Quartier Latin à Billancourt, la CGT ferme l’usine et empêche le contact ouvriers-étudiants.
18 mai: La grève est désormais générale (3 à 6 millions de grévistes). Le pays est paralysé.
19 mai, PARIS: Les grèves s’étendent. Première assemblée générale des CA à la Sorbonne. Le festival de Cannes est annulé.
20 mai: Sommet de la grève générale avec 10 millions de grévistes. Les comités d’action lycéens occupent les lycées. Le gouvernement envisage pour la première fois de faire appel à l’armée.
23 mai, PARIS: Nouveaux affrontements au Quartier Latin. Les radios n’ont plus le droit de faire des reportages en direct.

LES STALINIENS RASSURENT DE GAULLE.
24 mai: Manifestations de paysans dans toute la France. A Nantes se constitue un comité central de grève qui se substitue quasiment aux pouvoirs publics, c’est la « Commune de Nantes ». Barricades à Strasbourg et émeutes très violentes à Lyon, un policier tué. Mais les manifestations pacifiques de la CGT rassurent le pouvoir sur la volonté des staliniens de ne pas aller plus loin. Dans la soirée, affrontements très violents à Paris, un mort.
25 mai, PARIS: ouverture des négociations de Grenelle. Le PCF et la CGT n’attendaient que la main tendue du pouvoir pour mettre fin aux événements.
27 mai, PARIS: Au meeting du stade Charléty, l’Unef, le PSU et la CFDT tendent de poser Pierre Mendes-France en alternance à De Gaulle. A Renault-Billancourt, les grévistent rejettent les accords de Grenelle que le secrétaire générale de la CGT, Georges Seguy, est venu défendre en personne.
29 mai, PARIS: De Gaulle est allé à Baden-Baden s’assurer du soutien des troupes française basée en Allemagne. Pendant ce temps, des manifestations organisées par le PCF et la CGT dans toute la France (jusqu’à 800 000 personnes à Paris) réclament un « gouvernement populaire ». Le message est claire: La gauche veut une solution à la crise sur le terrain institutionnel. Le pouvoir va s’empresser de saisir la perche.

LE POUVOIR REPREND LA MAIN.
30 mai, PARIS: De Gaulle dissout l’assemblée. 300 000 gaullistes défillent sur les Champs-Elysées et réclament le retour à l’ordre. « L’humanité » invente que l’armée a concentré 100 000 hommes autour de Paris.
1er juin, PARIS: l’Unef, de plus en plus isolée, manifeste aux cris de « élections, trahison ».
1er-3 juin: L’essence revient.
5 juin: Début de la reprise à EDF-GDF, dans les mines, la sidérurgie et chez les travailleuses et travailleurs de l’Etat.
6 juin: Reprise à la RATP, à la SNCF et dans la fontion publique. Alors que « l’Huma » titre « reprise victorieuse du travail dans l’unité » de nombreuses usines poursuivent le mouvement que les staliniens ont lâché. Les CRS occupent l’usine Renault de Flins.
7 juin, FLINS: affrontements violents autour de l’usine Renault. De Gaulle, qui cherche l’appui de l’extrême droite, gracie les membres de l’OAS emprisonnés depuis la guerre d’Algérie.
10 juin, FLINS: Alors qu’il y a encore 1 million de grévistes, Gilles Tautin, un lycéen maoiste, meure noyé lors des affrontement de Flins. Manifestation spontanée et émeutes au Quartier Latin.
11 juin, SOCHAUX: La police investit l’usine Peugeot: 18 heures d’affrontement, 2 ouvriers, Pierre Beylot et Henri Blanchet, sont tués.
12 juin: Reprise des cours dans les lycées. Le gouvernement interdit toute manifestation et dissout 11 organisation d’extrême gauche.
18 juin: Reprise du travail dans l’automobile et dans la métallurgie. Au commissariat à l’énergie atomique (CEA) de Sacley (Essonne), les salariés se sont organisés en conseil qui perdureront jusqu’à l’automne.
23 et 30 juin: Elections légistatives qui marquent une poussée gaulliste et un recul du PCF et des socialistes.

_________________________________________________________________________________________________Slogans creux, promesses creuses. « Ensemble tout est possible !, travailler plus pour gagner plus »… Les slogans creux et les tautologies sont arrivés en France et les conséquences sont bien là pour monter que la berlusconite fait désormais ses ravages au pays de Rabelais et Voltaire. Il suffit de travailler plus pour gagner plus, content de l’apprendre. Il suffit de bons dépistages d’ADN dès l’enfance pour éviter la venue de futurs pédophiles ou de serial killers… D’ailleurs « assez pensé, retroussons-nous les manches », nous explique le ministre Lagarde dans son discours exaltant le travail, comme jadis le nommé Guizot lançait aux masses laborieuses son fameux « enrichissez-vous » ! que seuls les bourgeois ont entendu. Pour être un chef, il faut donner une image idéale du futur, peu importe le réalisme des propos et les contradictions dans lesquelles on tombe. La fascination du « tout est possible » a gagné, même s’il ne s’agit que d’une ruse de rhétorique perverse qui arrive à soutenir une chose et son contraire. Enrichissez-moi ! Triomphe d’un monde ou l’argent est la chose la plus importante puisqu’elle donne une autorité politique et morale et surtout une image d’homme providentiel. Peu importe si, au bout des comptes, ce sont toujours les mêmes qui gagnent aux dépens des autres. Disons juste que Silvio à une longueur d’avance. Car, quand il se prélasse sur un yacht, c’est le sien? Le Président français, lui, ne peut que jouer avec l’argent des autres… Il peut, certes, augmenter de 172% son salaire, mais une telle mesure ne suffira pas à le rendre l’homme le plus riche de France, même s’il se prend à y croire dans ses rêves d’aristo… à la Lanterne. Personne ne semble vouloir tirer les conséquences du berlusconisme politique en Italie, puisque le « cavaliere » prétend revenir au pouvoir. Le pays est sorti appauvri de ses années. Qu’importe ! beaucoup n’attendent que son retour dont les maladresses d’en face, dans une République italienne sans ossature, lui on ouvert la voie. Pour notre Silvio, c’est pain béni, car ce qui compte au fond, c’est que son entreprise gagne, encore et toujours plus. Depuis son entrée en politique en 1993, la valeur du patrimoine familiale de Berlusconi a été multipliée par trois, passant de 3,1 à 9,6 milliards d’euros. La valeur boursière de la filiale télévisuelle Médiaset a presque doublé depuis 1996, et la seule vente de 16,6% de son capital, en 2005, a rapporté 2,1 milliards d’euros de liquidités. Classé par le magazine « Forbes » vingt-cinquième fortune du monde, le « Cavaliere » serait, selon « Financial Times », le quatrième homme le plus puissant de la planète. Et cela, grâce au triple pouvoir qu’il a détenu : politique, médiatique, et économique. Une situation sans précédent dans les démocraties européennes, qui devrait inquiéter en France. Gageons qu’un tel succès intéresse le président Sarkosy dont les liens privilégiés et amicaux avec les milieux d’affaires, industriels et médiatiques se sont avérés opaques, intéressés et intimes. Le berlusconisme, le virus affairisme de la démocratie va-t-il contaminer la France plus gravement encore et m’obliger à fuir ce pays que j’aime. Ben, avec l’aimable autorisation de Ravages (Pathologies de la République)

_________________________________________________________________________________________________Visite vendredi soir 23 03 07 de Benoit ex batteur des Cowcheese, qui est maintenant sur Hambourg et qui a déjà dégoté des rockers, leurs formation s appelle les SPAMS, mélange de punk et roll de surf et de beat, notamment avec une reprise de Thin Lizzy,  » Killer on the loose  » sur leurs C.D. démo, ça promet !!! SPAMS, c est Benoit drums, Fréde bass, André guitare, et, Peter vocal. Contact: andrefellbaum@web.de tel: 040 432 22 20 www. the spams.de

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A lire l hebdomadaire , LE MONDE LIBERTAIRE. L actualité vue et corrigée par Jean-Manuel Traimont, Maurice Rajsfus,
Jean-marc Raynaud, Les Collectifs…le film, le documentaire de la semaine, les radios,les manifs.

Rédaction et administration: 145, rue Amelot, 75011 Paris. tel: 01 48 05 34 08. fax: 01 49 29 98 59.

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EGALEMENT, LE PLAN B. bimestriel, Critique des médias et enquétes sociales. L actualité, par Pierre Rimbert, Serge Halimi
Olivier Cyran, Antoine Bureau…. Enquétes sociales, le courrier des lecteurs, le procès, démontage de clones…
adresse: Le plan B, 40, rue de Malte, 75011. Paris. tel: 08 71 51 66 08. fax: 01 43 48 63 41. mail: admin@leplanb.org
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ENCORE, le mensuel, C.Q.F.D. mensuel, enquétes et expérimentations sociales. L actualité revisitée par, Nicolas Arraitz,
Olivier cyran, Jean Pierre Levaray, Serge Raynaud, Jean Marc Rouillan,Rémi, les dessins de Babouse, lefred Thouron…
adresse: CQFD, BP 70054, 13192 Marseille cedex 20. tel fax rep: 04 91 90 25 04. info@cequilfautdetruire.org www.cequilfaut
detruire.org

_________________________________________________________________________________________________CINEMA. Le 21 mars. Un film pour passer le relais au jeunes. LES LIP, L’ imagination
au pouvoir, de Christian Rouaud. Le 17 avril 1973, cette entreprise horlogère de Besançon qui emploie des
centaines de salariés dépose le bilan. Le début d une véritable épopée qui marquera les consciences. La lutte, l occupation,
séquestrer des cadres… et vont populariser le slogan  » on fabrique, on vend, on se paie « . Un film près de 2 heures on en
redemande.
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UNGDOMSHUSET:
Même dans l un des pays les moins brutaux du monde, le sabre continue à obéir au goupillon. A
Copenhague, il y avait deux lieux où vivre presque libres: Christiana et Ungdomshuset.
Christiana avait été conquis par
la génération qui avait 20 ans en 1970, Ungdomshuset  » la maison de la jeunesse  » Jagtve 69, Noerrebro, par celle qui en avait
16 en 1982. Elle grouillait de vie, des milliers de concerts, de fêtes, de réunions, de manifs, d actions, de chants,
de radios, d affiches, de discussions, de grandes marmittes de porridge et de bouteilles de bière. Mais voilà, la ville a vendu
les lieux, qui se sont retrouvés dans les mains d une secte imbécile, Faderhuset, » la maison du père » ( tout un symbole, la
maison du père expulsant la maison de la jeunesse !!!). Connue pour ses lavages de cerveaux, malversations, prises de
position racistes et antihomosexuelles… L etat a envoyé les flics pour expulser le batiment avec gaz lacrimogène et matraques
car les gamins presques tous moins de 20 ans ne se sont pas laissez faire pendant toute une semaine. Pour
l instant, l Etat, la secte ont gagné, L’ entreprise envoyée le 5 mars pour démolir le batiment travaille avec ses logos masqués
1897,inauguration de la maison du peuple. 1910, Conférence internationale des femmes
socialistes. Rosa Luxembourg, Clara Zetkin, Lénine passèrent à la Maison du peuple. 1950, utilisée par les syndicats
et des associations proches du mouvement ouvrier. 1963-1978, elle resta innocupée.Une troupe de danses élira
domicile quelque temps. 1982, la Mairie accepte de mettre ce batiment à leur disposition, en faisant la promesse sous
la forme d un contrat de ne jamais vendre la maison. L Ungdomshuset était né. 6 mai 1999, la mairie prend la décision
de vendre L Hugdomshuset. Le 1er janvier 2000, la secte fondamentaliste Faderhuset, essaie d investir les lieux,
elle en est chassée. 25 jours plus tard la municipalité vend officiellement cette maison à la SA Humain, dont Faderhu
set détient des parts. 28 septembre 2001, Faderhuset la rachète. 5000 personnes manifestent contre cette décisi
on. Deux jours plus tard, 1500 personnes lors d une manifestation internationale. Jeudi 1er mars, 7 heures du mat, la
police et les unités antiterroristes donnent l assaut du batiment. 3 jours d affrontement 650 arrestations, des manifesta
tions à travers toute l Europe, dans une vingtaine de ville allemande, Hambourg 800 personnes, Bern, Vienne, Lo
ndres, Oslo, Stockholm, Istambul, Helsinki, Poznan, Varsovie, Lyon. Durant les émeutes ce ne sont pas seulement des
militants qui ont affronté les forces de l ordre, beaucoup d habitants et d habitantes du quartier et d ailleurs se sont joins aux
manifestants. La resistance n est pas un crime.

On peu envoyer des letters de protestations à l Ambassade danoise, 77,avenue Marceau, 75116 Paris, et des messages de
soutient à kontakt@ungeren.info
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A visiter dans l Etat du Mississipi (USA), la ville de Greenwood et son
museum du Blues, (Blues Heritage museum). Le carrefour de la 82e et de la 49e. Toutes les informations, la documentation, les
photographies sur ceux qui ont fait les grandes pages du Blues dans le sud des Etats-unis: Robert Johnson, B.B.King,
Mississipi John Hurt, Furry Lewis, Honeyboy Edwards, Charlie Patton, Jimmy Reed… Le Greenwood Blues Heritage Museum
dédicace à la mémoire de Robert Johnson, et offre une large collection de matériels qui appartenait à Robert Johnson.

GREENWOOD BLUES HERITAGE MUSEUM & gallery, 222 Howard Street. Greenwood, MS 38917. tel: (662)451-7800. mail:
deltahaz@bellsouth.net

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LES TANNERIES NE SE LAISSERONS PAS EXPULSER.
Sans consultation publique et dans la discrétion qui caractérise
la période électorale sur les dossiers chauds, M.Rebsamen, maire de Dijon, numéro deux du p.s.et directeur de
campagne de Ségolène Royal, prend des décisions qui pourraient mener à la fin de l Espace autogéré des Tanneries,
lieu autonome d activités culturelles, sociales et politiques ouvert en 1997. Mais n attendons pas de les laisser faire!
Suite à 5 ans de luttes contre l expulsion et quelques années de statu quo, nous annonçons donc la reprise officielles des
actions et manifestations en soutien aux Tanneries. Nous savions dès le départ que malgré la convention d occupation
gratuite obtenue en 2002, il nous faudrait garder une vigilance permanente. Nous avons appris début avril 2007 que les services
de la municipalité avait fait une proposition par écrit à la générale de santé. Cette proposition vise à octroyer
à celle-ci l ensemble des terrains dont nous occupons une petite parcelle en périphérie, afin qu elle y construise son mégapôle
de clinique privée de dix hectares pour 2009.

Alors que les services publics sont mis en péril par les stratégies néolibérales de privatisation en vigueur en Europe, la
mairie de Dijon favorise-t-elle à son tour l instauration d une médecine à deux vitesses? Veut-elle contribuer aux stratégies
de monopole et de conquête de la plus grosse multinationale européenne de santé privée (1,741 milliars d euros
de chiffre d affaires en 2006, contrôlé par des fonds de pension et à 10 % par Vivendi) en lui offrant un terrain
public proche du centre ville et en quasi vis-à-vis de l hôpital public ? La Générale de Santé préfère ainsi profité de l aubaine
municipale pour fermer ses cliniques de proximité plutôt que de les remettre aux normes.

POURQUOI SOUTENIR LES TANNERIES HAUT ET FORT?
Les Tanneries, c est une salle de spectacles, un collectif
d habitation, un espace informatique populaire, de développement des logiciels libres et de maintenance de serveurs
indépendants, une zone de gratuité, un espace mécanique et vélo, des locaux de répétitions et de sérigraphie, une salle de
réunion, un potager, un centre de diffusion et de création de presse alternative, un centre d aide juridique et pratique aux
occupants et occupantes sans droits ni titre, une bibliothèque, des chantiers d auto-construction écologique, des dizaines
d associations/collectifs/réseaux locaux et internationaux qui viennent y organiser des soirées, actions, ateliers et échanges
de savoir, des réunions et des projets.

Là ou les lieux culturels publics tournent avec d énormes subventions et les privés à base de commerce et de sponsors,
il y a aux Tanneries des centaines de personnes qui chaque semaine viennent faire vivre une culture
indépendante et participer à des activités accessibles gratuitement ou sur la base de participation aux frais. Pour garantir sa
liberté, le lieu a toujours fonctionné sans subventions, ni salariat.
Dans un pays ou les structures autogérées sont quasi systématiquement réprimées et donc précaire, les Tanneries et un des
trop rares exemples de projet qui a pu s inscrire dans le long terme. Il est à ce titre devenu un espace ressource et un
maillon important d une scène culturelle et militante autonome en Europe.
Les Tanneries ne se vivent pas comme
une gentille alternative parallèle qui ne construirait en ne bousculant pas trop les pouvoirs en place, un zoo folklorique censé
faire la preuve de la bienveillance démocratique de nos dirigeants. Si nous en sommes là, c est pour faire éavoluer
la socièté à lutter!
Notre projet ne peut être déplacé ni dépecé. Il doit demeurer dans le quartier… C est grâce au
soutien populaire et à une succession de pressions et d actions de rues diversifiées que les Tanneries ont acquis leur
maintien dans les lieux. Nous sommes aujourd hui prêts à recommencer à défendre cette espace et à reconstruire un
mouvement de résistance fortifié par tous les contacts, expériences et complicités acquises avec le temps. Les Tanneries
, bien que solidement implantées localement, sont aussi portées par une large communauté, dont les affinités
n ont que faire des frontières, qui peut se mobiliser tant par des actions de soutien à travers le monde que par une
convergence pour défendre physiquement le lieu contre l expulsion. Espèrons que résonneront à temps dans la tête des
dirigeants dijonnais les longues journées et nuits de manifestations radicales qui ont immobilisé il y a quelques semaines la
capitale danoise et les multiples offensives à travers l Europe en faveur de nos amis d Ungdomshuset. Au même titre, notre
lutte et une lutte globale pour que demeurent et se multiplient des espaces autogérés et des foyers de subversions.

Nous gagnerons avec toutes les petites et grandes initiatives de protestations de chacun et chacune d entre vous. Nous
encourageons tout type d actions de solidarité. A minima, vous pouvez dés maintenant écrire ou téléphoner à la
mairie de Dijon pour lui exprimer votre volonté que les Tanneries perdurent là ou elles sont:

M.le maire François Rebsamen
Mairie de Dijon
21000 Dijon
03 80 74 51 51
francois.rebsamen@ville-
dijon.fr

si vous voulez être prévenus d actions et de manifs de soutiens concernant l espace autogéré des Tanneries, envoyer
votre mail ou votre numéro de portable à tanneries@squat.net et faire un tour pour plus d infos sur notre site web www.
squat.net/tanneries

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ROGER.
Roger t es pas fréquentable t as tout d un dépravé, t es pas net, t es pas stable, t es toujours mal rasé, tu
vie dans dans une cabane au milieu d un taudis, à moitié caravane perdu dans les taillis. Roger, t a toujours vécu seul
avec quelques clébars galeux, un peu hargneux, arrivés de nulle part. Chez toi ça sent le rance mais y a toujours à
boire, c est vrai c est pas bizance, mais c est toute une histoire. Roger, tu dis que t as fais de la taule, que t as frappé
un mec qui fricotait ta môme un dimanche en guinguette, Y c est jamais relever et c est toi qui est tombé, t es
dix années au trou ton rendu un peu fou. Roger, tu dis que la société est une belle enfoirée, t avais fais l Algérie avant cette
connerie, on t a rien pardonné on t a laisser crevé, et la réinsertion c est pire que les matons. Roger, t as fais des
petits boulots, mais on t a pas garder, le passé te colle à la peau même quand on a payer. Ca fait trente ans que tu
zones, que tu vie de combine, que tu traînes t a misère entre troc et rapine. Dis moi Roger, tout seul dans ton bordel,
n as tu jamais pleuré la gueule à la chandelle quand tu penses à ta vie sur un air de musette qui c est épanouie un
dimanche en guinguette. SCARLET POUR UN SOIR.

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LA CNT… ET POURTANT ILS EXISTENT !
ET POURTANT ILS EXISTENT, HISTOIRE DU SYNDICALISME D ACTION DIRECTE, un film de Michel MATHURIN (production Atelier
du soir-Acradia film), 2007, 65mn, 8 euros. Disponible à la librairie du monde libertaire, 145 rue Amelot 75011 Paris.

Ce film est un cours d histoire du syndicalisme révolutionnaire, illustré de nombreux documents: extraits d archives,
documents d époques, chansons de Serge Utgé-Royo et de la guerre d Espagne, illustration de Tardi, etc… Ce sont des
militants (ou ex-militants) de la CNT qui ont collaboré à cette production.
Après le syndicalisme révolutionnaire,
incontestable vedette du film, David Rappe, jeune historien anarchiste, y tient un second rôle inportant, puiqu’il nous explique
tout au long du film le déroulement des événements.

_________________________________________________________________________________________________LES GROUPES MEDVEDKINE. BESANCON – SOCHAUX 1967-1974 Alexandre Mevedkine (1900-1989), cinéastre soviétique, est l inventeur du  » ciné train « , unité mobile de production qui
sillonna l’URSS en 1932 pour filmer ouvriers, paysans, et mineurs du pays, et leur montrer sur le champ leur propre travail (montés
le jour même dans le train, les films étaient projetés le lendemain) dans le but de l améliorer et d aider à la
construction de la Russie nouvelle. Deux ans plus tard, à partir de son expérience de la vie des campagnes, Medvedkine tourne
une comédie paysanne intitulée, « le bonheur ». Trente-quatre ans après, des cinéastres ouvriers français ont l idée
de se nommer groupes Medvedkine en hommage à cette incroyable aventure du ciné-train.

LES GROUPES MEDVEDKINE. LE FILM EST UNE ARME. (Editions Montparnasse 2006)

1967 BESANCON-SOCHAUX-SANTIAGO DU CHILI-1973.
DVD 1, Besançon (152’environ)- A bientôt, j espère (Chris
Marker et Mario Marret, 1967-1968.- La charnière (son seul, 1968).- Classe de lutte (1968).- Rodia 4/8 (1969).- Nouvelle
Socièté 5, « Kelton » (1969).- Nouvelle Socièté 6, « Biscuiterie Buther » (1969).- Nouvelle Socièté 7, « Augé
découpage » (1970).- Lettre à mon ami Pol Cèbe (Michel Desrois, 1971).- Le traîneau-échelle (Jean-Pierre Thiébaud, 1971).

DVD 2, SOCHAUX (182′ environ). – Sochaux, 11 juin 1968 (1970).- Les trois-quarts de la vie (1971).- Week-end à
Sochaux, (1971-1972).- Avec le sang des autres, (Bruno Muel, 1974).- Septembre chilien, (Bruno Muel et Théo Robichet, 1973).
De quoi je vous parle ? D une utopie. De quelques dizaines d ouvriers des usines Rodiaceta de Besançon et peugeot
de Sochaux, d un côté, d une poignée de cinéastres, réalisateurs et techniciens, de l autre, qui ont décidé, à
cette époque-là qui n est pas n importe laquelle, de consacrer du temps, de la réflexion, du travail, à faire des film ensemble.
En complément des DVD, un livre sur les Groupe Medvedkine établi par L équipe d’ISKRA.

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INDIENS ET BLUES
Quand, au début des années 1960, avec la venue des bluesmen et women américains en Europe avec l Américan Folk Blues Festival de Lippman et Rau, on ne se posait pas de problème d une influence des chants indiens sur le Blues que nous découvrions. Les années passant, on apprenait en déchiffrant les pochettes de disques que Scrapper
blackwell, le guitariste de Leroy Carr était d origine indienne cherokee, que Lowel Fulson avait passé son enfance dans une
réserve cherokee et plus tard que Jimi Hendrix avait une grand-mére cherokee. (1)

Mais le lien entre les musiques nées pourtant sur le même continent ne nous apparaissait pas. Pourtant la musique du film
( antiwestern ) Little Big Man (1970) aurait dû nous mettre la puce à l oreille. En effet, le bluesman blanc John
Hammond y chantait, accompagné d une guitare sèche. Il n y avait pas de parole, seulement des mélopées indiennes qui
sonnaient comme du blues.

Tout cela n était, jusqu à ce début du XXIe siècle, que des anecdotes, avant que des musiciens et sociologues mettent
en avant l influence de la musique indienne sur le blues. La clef de voûte semble avoir été la chanteuse Fura Fé
avec son disque (Tuscarora Nation Blues). Comme le soulignait sur la pochette Timothy Duffy (Président de la Music
Maker Relief Foundation) dans la Caroline du Nord, il y avait la tribu des Tuscarora dont venait Fura Fé et que les connexions Indiens/Noirs avaient été contantes dans l Ouest américain. De rappeller, ou de nous apprendre, que Charley Patton, (père du
country blues) était chotkaw, que Scrapper Blackwell et Jimi Hendrix (déjà cités) avaient du sang ckerokee, que
d autres musiciens de jazz et de rock avaient des origines indiennes: Don Cherry, Duke Ellington, Theolius Monk, Little Richard,
Tina Turner….

Donc, comme peut l’annoncer dans ses concerts, Fura Fé: (je vais vous chanter de vieilles mélopées indiennes, vous
verrez c est comme du blues !). Avec l informatique et l essort, déjà ancien, de la (fierté indienne) des recherchent musicales
aboutissent, d aucuns affirment que les onomatopées au début du (Mannish Boy) de Muddy Waters seraient
du cherokee ! Signalons l excellent ouvrage de notre ami Gérard Herzhaft (auteur entre autres de la grande encyclopédie du
blues). (Américana) (2), ou il relate les diverses influences des musiques de l Amérique du Nord. Si l on prend le delta
du Mississipi (que tout le monde s accorde à définir comme le lieu de naissance du blues). Les tribus indiennes qui
le peuplaient étaient principalement les Chotcaws et les Cherokees. Pendant longtemps les Indiens étaient (les premiers
esclaves forcés à travailler dans les plantations). Les Anglais puis les Américains ne faisaient aucune différence entre Indiens et
Noirs, les englobants sous la dénomination de « colorel people ».

Au niveau musicale, il est largement ignoré que les Indiens ont été dés le XVIIIe siècle des violonistes virtuoses, tels les
O’Odham fiddles du sud de l Arizona. Les immigrations européennes qui suivirent, avec valses, polkas, mazurkas, et
two-steps, ont mis de côté tout cela.
Pour en revenir au blues, on sait que la grand-mère de Muddy Waters était cherokee, qu un aîeul de Howling Wolf était Chotcaw et lui aurait apris à chanter (3). Tout cela reste bien sûr à étudier et
musicalement les archives sont peu accessibles (4). Pour nous simples amatrices et amateurs de blues, demeure avant tout,
pas celle des halls de gare, des supermarchés, ou des ascenceurs !!! (emission blues en liberté sur radio libertaire).

(1) Les premiers étaient en duo unbain des années 1930 (guitare, piano et chant, leur morceau le plus célèbre étant, « in
the Evening »). Le second un guitariste électrique et chanteur de blues, son « Reconsider Baby » ayant été repris par
Elvis Presley, le dernier n est pas à présenter!
(2) Américana, histoire des musiques d Amérique du Nord, Fayard, 2005.
(3) Eaux boueuses (Muddy Waters) aurait été nommé ainsi par sa grand-mère. Le « hurlement » d Howling Wolf (loup
hurlant comme celui de maints bluesmen du Mississipi (comme du chanteur blanc Jimmie Rodgers) ne serait donc pas
d origine tyrolienne mais serait un chant indien!
(4) Vers la fin du XIXe siècle nombre de chants indiens ont été
enregistrés sur cylindres. Les disques Canyon, label basé à Phoenix (Arizona) est le plus important catalogue de disques
amérindiens.

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MOTOR CITY IS BURNING
Il y a quarante ans, la jeunesse hippie deferle à San Francisco pour un « Summer of Love »
sous acide tandis qu’à 2397 km à l ‘est, la ville de Détroit connaît les émeutes les plus violentes de l histoire des
USA jusqu à celles de Los Angeles en 1992.
La ville symbole de l industrie automobile est en déclin depuis deux décénnies. DE 1947 à 1963, Détroit a perdu 134 000
emplois industriels. En 1966, 20 000 habitants, principalement des blancs de la classe moyenne, ont déménagé. Les quartiers
populaires ou s’entasse une population noire en surnombre sont sinistrés. L’abandon progréssif par le gouvernement
démocrate de la politique de « welfare » pour l’accès à la santé, au logement et à l’éducation rend la situation de plus en plus
critique pour les plus pauvres. C’est dans ce contexte de désolation que le comportement des forces de l ordre va mettre le
feu au poudres. La police composée à 95% de blancs, a une réputation justifiée de brutalité et de racisme. Dans la nuit
du 23 juillet 1967, les flics interviennent dans une fête à un « bling pig » (porc aveugle, genre de bar clandestin), ou
une centaine de personnes célèbrent le retour du Viet-nam de certains. La police décide d arrêter la totalité des fétards. Le
voisinage s’attroupe et les gens révoltés par l attitude des policiers s attaquent au commerces à proximité. S’ensuivent
cinq jours d’émeute et de pillage auxquelles participent plusieurs dizaines de milliers de jeunes chomeurs noirs
mais également de prolos noirs et blancs. Le 24, le gouverneur du Michigan fait appel à 12 700 militaires, policiers et
gardes fédéraux pour mater l’insurrection. Au final, quarante-trois personnes d’une moyenne d’âge de trente ans sont
tués (dont trente-trois noirs), 467 bléssés, plus de 7 200 arrestations, 1 700 commerces sont pillés et 2 000
bâtiments incendiés. Selon les termes du lobby automobile « l’industrie aura miraculeusement échappé à la fureur ». Interrogé sur
la situation, le magnat de la bagnolle Henry Ford II ironise « je ne pense pas qu’on puisse prétendre exporter notre
système et notre mode de vivre si nous ne sommes même pas capable de mettre de l’ordre chez nous ».

Si Détroit est la capitale de la bagnole, elle est également celle de la « soul » avec le label Tamia Motown. C’est d’ ailleurs
le tube de Martha Reeves & the Vandellas, « Dancing in the streets » qui ponctue un concert le soir du 24 juillet au
Fox theater tandis que les pillages s’étendent dehors. On a prétendu que ce titre de 1963 avait été censuré par les radios
parce que susceptible d inciter à l’émeute. Toutefois, c’est au sein de la jeunesse blanche que les émeutes vont
connaître la portée la plus revendicative : »ce n’est pas une émeute raciale, les gens en ont juste marre d’être harcelés par la
police et arnaqués par les profiteurs. C’était la journée Robin des Bois dans ce bon vieux Détroit, la première journée tout-
est-gratis », commente John Sinclair, activiste beatnick manager d’un garage band formé de petites frappes qui
pousse la désinvolture hippie jusqu’à l arrogance: le MC5. Inspiré par Chuck Berry, The Yardbirds, Ornette Coleman, ou James
Brown, le MC5 va radicaliser le « Détroit sound » en jouant plus ford et plus vite, poussant distorsion et feedback vers
des limites jusque-là inexplorées. « Dope, Rock’n’roll & Fucking in the Streets » est leur credo.
Comme un signe de solidarité à la population noire, ils adaptent le morceau de John Lee Hooker « The Motor City Is Burning » écrit après les émeutes
raciales de 1943. Ils fonderont également un White Panther Party, fraternel et psychédélique du Black Panther
Party qui sera vite dans le collimateur du FBI. Après les journées de juillet, le climat est tendu est la police fait la chasse
aux jeunes noirs et aux chevelus. Les copines du MC5 se font violer par des policiers. Le groupe déménage à Ann
Arbor, une ville universitaire à soixante-dix kilomètres de Détroit et patrie d’Iggy Pop & the Stooges. Une page
chaotique du Rock’n’roll s’ouvre.

En 1968, le républicain Richard Nixon, ancien secrétaire du sénateur McCarthy, instrumentalise le climat social pour opérer
un come-back décomplexé et représenter « une autre voix, une voix tranquille dans le tumulte des cris. C »est la voix
de la majorité des Américains, les Américains oubliés, ceux qui ne crient pas, ceux qui ne manifestent pas. Ils ne sont
ni racistes ni malades. Ils ne sont pas coupables des fléaux qui infestent notre pays ». Ca ne vous rappelle personne ?

Latter les confitures, enculeurs de mamans!!! (1). (Kick out the jams, motherfuckers!!!).

BRANCHE Le branché et le nettoyage urbain. Le branché n’est pas seulement utile au commerce des accessoires en lançant les modes, il est aussi utile à celui de l’immobilier par le nettoyage urbain. Par nettoyage urbain j’entends : virer les petites gens de leurs quartiers populaires en en faisant progressivement des « beaux quartiers » ( aujourd’hui même le XXème arrondissement de Paris est un beau quartier, c’est à dire le recul du niveau de vie et de sa qualité). Les beaux quartiers traditionnels sont chers parce que peuplés de riches, ce qui prouve que personne, en vrai, n’aime la laideur, contrairement à ce qu’essaie de nous faire croire John Galliano avec ses défilés. Les cadets de la bourgeoisie, cette jeunesse momentanément désargentée mais qui aime bien vivre, s’enthousiasment donc pour un vieux quartier populaire : son bistrot du coin, ses petites gens, ses commerces de proximités; admettant ainsi qu’il existe d’autres charmes que celui de l’argent. Attirés des loyers pas chers et la chaleur d’un urbanisme à échelle humaine, ce charme du Paris-village dont le film « Amélie Poulain » a donné à la France entière la légitime nostalgie. Les branchés choisissent de faire d’un vieux quartier populaire un nouveau quartier branché : d’abord le café branché, sectaire contrairement à l’ex-bistrot du coin; puis le resto branché, plus cher que l’ancien resto de midi avec son menu à 12 euros; puis les boutiques de fringues branchées, les agences immobilières pour accélérer la mutation, les cabinets d’architectes pour les transformations-valorisations, et enfin les pistes cyclables pour dissuader les étrangers au quartier de s’y aventurer en voiture, tiut en accélérant le départ en banlieue des artisans qui ne peuvent plus garer leur fourgonnette en double fille, donc travailler. Avec la branchitude, les prix montent, l’immobilier fait son beurre : le grenier de Madame Michu devient le loft d’un jeune décideur de la nouvelle économie, le marchand de primeur une galerie d’art post-moderne et le coucous du coin, un resto tibéto-végétarien fréquenté par un certain show-biz signataire de pétitions pour les sans-papiers. Les partis bourgeois s’y retrouvent, puisqu’ils ont ainsi remplacé les électeurs des partis populaires par des écolos-socialos et autres « li-li-bo-bos » (en attendant que le temps en fasse des électeurs de droite), mais l’ambiance populaire, elle, s’est muée en arrogance branchée; l’ancien Paris-village, avec ses bistrots généralistes, ses figures locales et ses petits prix est devenu une sortye d’écomusée; le fief d’une nouvelle bourgeoisie qui aime l’odeur du peuple comme les vampires l’odeur du sang. Montmartrte, Montparnasse, Saint-Germain, Les Halles, Bastille, Le Marais, le Vème, le Xème…autant de quartier devenus froids, chers, artificiels, autant de cimetières de l’authentique populaire assassinée pour avoir eu le malheur de plaire un jour au branchés. Et les vrais gens, les petites gens, les braves gens d’ou venait ce charme d’un Paris aimé du monde entier, d’un Paris perdu qui n’existe plus que dans l’imagination des touristes, ou sont-ils passé ? ça nul branché ne sans soucie. Virés d’un Paris devenu trop cher, ils ont atterri en banlieue ou les rappeurs à pit-bulls, les tagueurs en cutters les ont accueillis avec la bienveillance qu’on sait; ces immigrés auxquels les branchés trouvent tellement de charme qu’on se demande ce qu’ils attendent pour aller les rejoindre en banlieue. _________________________