Projet parallèle de trois musiciens parmi les plus capés de la scène nationale et internationale, The Ride est né de la rencontre de trois voix, de deux guitares et d’un harmonica et a tout de suite choisi d’évoluer dans un registre acoustique mâtiné de blues, de folk et de rock. Marco Cinelli et Phil Fernandez aux cordes mais aussi Bako Mikaelian au souffle ont ainsi trouvé leur fil conducteur et après une première rondelle sur laquelle Philippe Poitevin était aux harmos, c’est un nouvel album que nous dévoile The Ride cet automne, un florilège de neuf reprises prestigieuses revues et corrigées à la sauce du trio mais aussi deux compos signées de la griffe de Marco Cinelli pour la première, de Bako Mikaelian pour la seconde. Oubliez toutes les reprises copie-carbone que vous aviez pu entendre jusque-là, avec The Ride c’est gaz et eau chaude à tous les étages et les trois phénomènes ne se privent pas de briser les chaines, de bousculer les codes et de trancher dans le vif quand il s’agit d’aller dépoussiérer l’œuvre de leurs prestigieux aînés que sont Willie Dixon, Tony Joe White, Prince, Robert Johnson ou encore JJ Cale et même Jimi Hendrix ! Avec un travail tout particulier apporté aux harmonies vocales, « Hey là-bas ! » se fait forcément remarquer, et dans le bon sens du terme en plus, les instrumentations n’en devenant qu’encore plus savoureuses, d’autant que Marco Cinelli n’hésite pas une seule seconde quand il s’agit de sortir un dobro voire même une 12-cordes. On se promène ainsi en bonne compagnie le long du Mississippi, sans avoir peur de glisser à l’occasion du côté du Delta voire plus loin encore, et on se prend un peu comme ils arrivent et sans trop se poser de question des titres comme « I Ain’t Gonna Be Your Monkey Man », « Kiss », « Come On In My Kitchen » et autres « Did Somebody Make A Fool Out Of You ». Acoustique certes, mais jamais mou de la jambe, l’album met un grand coup de pied dans la fourmilière et ça fait un bien fou, surtout que l’ami Bako se fend d’un titre en Français en fin d’ouvrage, il preuve s’il en fallait encore que les douze mesures et la langue de Brassens ne sont pas incompatibles, surtout quand c’est fait avec passion. Accrochez vos ceintures, le départ est imminent !